Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Horrida congestis cum staret bruma pruinis,
Cunctaque durato stringeret arva gelu,
Haesit in adversa nimborum mole viator;
Perdita nam prohibet semita ferre gradum.
Hunc nemorum custos fertur miseratus in antro
Exceptum Satirus continuisse suo.
Quem smmul adspiciens ruris miratur alumnus
Vimque homini tantam protinus esse pavet
Nam gelidos artus vitae ut revocaret in usum,
Afflatas calido solverat ore manus.
Sed cum depulso coepisset frigore laetus
Hospitis eximia sedulitate frui,
Namque illi agrestem cupiens ostendere vitam,
Silvarum referens optima quaeque dabat,
Obtulit et calido plenum cratera Liaeo,
Laxet ut infusus frigida membra tepor.
Ille ubi ferventem labris contingere testam
Horruit, algenti rursus ab ore suflat .
Obstipuit duplici monstro perterritus hospes,
Et pulsum silvis longius ire iubet:
Nolo, ait, ut nostris umquam succederet antris,
Tam diversa duo qui simul ora ferat.
Le Satyre et le Voyageur.
C' était pendant l'âpre hiver; la terre était couverte
de neige et tous les champs étaient pris sous une couche
de glace durcie. Un voyageur se trouva arrêté par un
amas de nuages qui s'élevaient devant lui : ayant perdu
sa route, il ne pouvait plus avancer. Un Satyre, gardien
des forêts, eut, dit-on, pitié de lui, le recueillit et le
retint dans sa grotte. En le regardant, ce dieu élevé aux champs est pris d'admiration pour l'homme et, devinant
sa grande puissance, il en est tout troublé. En effet
celui-ci, pour rappeler la vie dans ses mains glacées,
les avait réchauffées de sa chaude haleine. Le froid
chassé, le voyageur se mit gaiement à profiter des attentions
exquises de son hôte. Car désireux de lui faire
bien connaître la vie des champs, le dieu, en la lui dépeignant,
lui offrait tout ce que les forêts produisent de
meilleur : il lui présenta même un cratère plein de vin
chaud pour que, en se répandant dans ses membres
engourdis, la chaleur du liquide leur rendît leur souplesse.
Mais, craignant d'approcher de ses lèvres le vase
encore brûlant, l'homme souffle sur le breuvage pour
le refroidir. Surpris et effrayé de ce double prodige, le
Satyre enjoint à son hôte de quitter les forêts et de s'en
aller bien loin. « Je ne veux pas, dit-il, qu'entre jamais
dans ma grotte un homme dont la bouche peut produire
des effets si contraires.»