Analyses des fables .  

Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau.
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La Fontaine a mis a la fin de sa XVe fable, intitulée : La Mort et le Malheureux, une note qui confirme ce fait, sans que Despréaux y soit nommé
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Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants.
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Avianus.



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XXIX. DE VIATORE ET FAUNO



Horrida congestis cum staret bruma pruinis,
Cunctaque durato stringeret arva gelu,
Haesit in adversa nimborum mole viator;
Perdita nam prohibet semita ferre gradum.
Hunc nemorum custos fertur miseratus in antro
Exceptum Satirus continuisse suo.
Quem smmul adspiciens ruris miratur alumnus
Vimque homini tantam protinus esse pavet
Nam gelidos artus vitae ut revocaret in usum,
Afflatas calido solverat ore manus.
Sed cum depulso coepisset frigore laetus
Hospitis eximia sedulitate frui,
Namque illi agrestem cupiens ostendere vitam,
Silvarum referens optima quaeque dabat,
Obtulit et calido plenum cratera Liaeo,
Laxet ut infusus frigida membra tepor.
Ille ubi ferventem labris contingere testam
Horruit, algenti rursus ab ore suflat .
Obstipuit duplici monstro perterritus hospes,
Et pulsum silvis longius ire iubet:
Nolo, ait, ut nostris umquam succederet antris,
Tam diversa duo qui simul ora ferat.

Le Satyre et le Voyageur.

C' était pendant l'âpre hiver; la terre était couverte de neige et tous les champs étaient pris sous une couche de glace durcie. Un voyageur se trouva arrêté par un amas de nuages qui s'élevaient devant lui : ayant perdu sa route, il ne pouvait plus avancer. Un Satyre, gardien des forêts, eut, dit-on, pitié de lui, le recueillit et le retint dans sa grotte. En le regardant, ce dieu élevé aux champs est pris d'admiration pour l'homme et, devinant sa grande puissance, il en est tout troublé. En effet celui-ci, pour rappeler la vie dans ses mains glacées, les avait réchauffées de sa chaude haleine. Le froid chassé, le voyageur se mit gaiement à profiter des attentions exquises de son hôte. Car désireux de lui faire bien connaître la vie des champs, le dieu, en la lui dépeignant, lui offrait tout ce que les forêts produisent de meilleur : il lui présenta même un cratère plein de vin chaud pour que, en se répandant dans ses membres engourdis, la chaleur du liquide leur rendît leur souplesse. Mais, craignant d'approcher de ses lèvres le vase encore brûlant, l'homme souffle sur le breuvage pour le refroidir. Surpris et effrayé de ce double prodige, le Satyre enjoint à son hôte de quitter les forêts et de s'en aller bien loin. « Je ne veux pas, dit-il, qu'entre jamais dans ma grotte un homme dont la bouche peut produire des effets si contraires.»









 

 

 




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