Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Parvula progeniem terrae mandaverat ales,
Qua stabat viridi caespite flava seges.
Rusticus, hanc fragili cupiens decerpere culmo,
Vicinam supplex forte petebat opem,
Et vox implumes turbavit crudula nidos,
Suaserat et e laribus continuare fugam.
Cautior hos remeans prohibet discedere mater:
Nam quid ab externis perficietur? ait.
Ille iterum caris operam mandavit amicis
At genetrix rursum tutior inde manet.
Sed, postquam curvas dominum comprendere falces,
Frugibus et veram sensit adesse manum,
Nunc, ait, o miseri, dilecta relinquite rura,
Cum spem de propriis viribus ille petit.
Le Chêne et le Roseau.
Du sommet des montagnes tomba un chêne déraciné, abattu par les tourbillons d'un vent déchaîné. Un torrent dont les eaux gonflées baignaient son pied, l'enlève et l'emporte dans son courant impétueux. Mais l'arbre de haute futaie, après avoir été poussé d'une rive à l'autre, s'arrête au milieu de frêles roseaux retenu par sa masse énorme. Alors, tandis que ses branches se mêlent à un mince gazon, il s'étonne que sur ces humides bords le roseau tienne bon, que lui-même, malgré l'ampleur de son tronc, ne puisse résister à la tempête, dont cette faible tige peut braver les menaces. Aussitôt le roseau qui siffle sous le vent lui répond dans un aimable murmure et lui apprend que ce qui le met davantage en sûreté, c'est sa faiblesse. « Tu méprises, dit-il, les vents violents et les tempêtes furieuses; mais, sous les attaques de toutes leurs forces réunies, à la fin tu succombes. Moi au contraire je ne fais que retarder le vent qui se lève peu à peu et, si léger qu'il soit, je baisse prudemment la tête. Dans tes branches robustes l'orage se déchaîne et s'engouffre; ma souplesse se joue du vent et ses efforts sont perdus. » Ces paroles nous apprennent que c'est en vain qu'on résiste aux grands, mais que l'on triomphe peu à peu de leurs menaces farouches.