Alphabet Moral à l'usage des grands Enfans, par M...

Adore la vertu, le reste est arbitraire ;
Bénis la dans ton cœur: c'est là son sanctuaire.
Connais tous tes devoirs : sois bon, sois tolérant.
Dans tout, hors la vertu, demeure indifférent.
Enrichis toi, mortel, mais par la bienfaisance;
Fais le bien sans l'espoir de la reconnaissance.
Garde ta haine au mal et pardonne aux méchans.
Héros est le mortel qui commande à ses sens.
Insensé qui combat l'injure avec l'injure !
Képier lisait au cieux ; consulte la nature.
L'ami de la vertu ne craint pas d'ennemis.
Maîrise le destin en t'y montrant soumis.
Ne choisis un ami que pour l'amitié même.
Or vil ! serais - tu donc, hélas ! le bien suprême ?
Plus encor qu'à ton prince, obéis à la loi.
Qu'il est doux, qu'il est beau d'être bien avec soi !
Rends à la vérité son culte légitime.
Sois en, s'il le fallait, le prêtre et la victime.
Temporise longtems, longtems avant d'agir.
Veille sur toi sans cesse avant de l'applaudir.
Use, n'abuse pas , c'est le refrein du sage.
Xénophanes, dit-on, n'aimait que la vertu.
Yvre de tous les arts , d'un seul art fais usage.
Zéphir est ton emblème, ô femme, qu'en dis-tu ?

Amusemens philosophiques : Une phrase avec toutes les lettres de l'alphabet :
   Qui flamboyant guidoit Zéphire sur ces eaux.



Extrait du livre de : Gabriel Peignot - Amusemens philosophiques - 1824.




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